
Aux Marquises, la pêche apporte du poisson, bien sûr; elle est aussi un support de loisir et de culture. Les hommes, les "vieux" et les "femmes" pratiquent cette activité dans le respect des
traditions et des moyens de chaque vallée. A Hakahau, on pêche à la traîne et à fond en pirogue; les femmes taquinent le poisson du platier avec une ligne qu'elles manient comme une fronde en
assortissant le geste des discours qui font le charme du sexe dit "faible" .
A Hakamaii, la pêche est l'activité des anciens ; des spécialistes qui partent à plusieurs kilomètres, de nuit sur une petite pirogue...quelques disparitions de pêcheurs dans la voracité océane ne
suffisent pas à décourager les passionnés et chaque matin, le même balai anime la baie...

Les jeunes se précipitent pour aider les anciens à accoster ; ces pirogues taillées en évidant des troncs sont lourdes et il faut danser avec le rythme des vagues et la rondeur des galets...

Chaque pirogue rapporte plusieurs thons de belle taille et quelques poissons de fond; la galanterie des pêcheurs les poussent à capturer en plus,le poisson préféré de leur belle. A côté du commerce
qui leur assurera le sucre, la farine et le tabac, les galants montrent que même dans les tourments des embruns les faveurs vont à leur dulcinée...

A Hakamaii, le poisson est
salé-séché pour être vendu en lanières; le succès de ce produit est tel que les vendeuses sont rapidement dévalisées mais la sagesse marquisienne et un goût certain pour la sieste fait que les
pêcheurs limitent leur pêche au strict nécessaire.

Les lanières de poisson séché attendent qu'un 4X4 se rende à Hakahau (2 heures de piste) pour être vendues

Les thons du matin et quelques poissons de fond restent au frais; après un bon petit déjeuner et une rasade de vaina, le découpage se fera.