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alternance d'articles touchant à l'histoire des Marquises et rencontres avec le discours actuel de la rue marquisienne.

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Conversation autour de Melville et des Taïpi

Retour de Tahiti en avion…celui qui dessert Ua Pou est en panne et l’on doit faire un détour par Hiva Oa. Depuis une semaine nous n’avons plus de twinotter car la corrosion attaque les panneaux des ailes… ! on attend un avion remplaçant mais celui qui devait venir est aussi en panne. Conclusion, on voyage en speedboat  …ce n’est pas le moment pour avoir des soucis de santé ! Comme le dit Ben : « si tu as un problème cardiaque…fais ta prière ! »

Les quatre heures de voyage pour revenir de Tahiti ont donc été consacrées à lire le récit de Melville, un aventurier de New York qui embarqua  en 1842 sur un baleinier. Il était âgé de 20 ans et comme la vie était très dure à bord, il décida de déserter lorsque le vaisseau arriva à Nuku Hiva.

Melville

Il était au courant des rivalités dangereuses qui opposaient les tribus et savait que les marquisiens restaient dans le fond des vallées évitant les confrontations qui auraient eu lieu sur les crêtes.  Il décida donc de partir vers les hauteurs avec un compagnon, Toby, pensant trouver des fruits et pouvoir subsister une dizaine de jours …jusqu’au départ de son bateau.

Sa plus grande crainte était de rencontrer les « Taïpi » ; toutes les tribus pratiquaient le cannibalisme mais celle-ci était particulièrement féroce et redoutée. Il espérait arriver dans la vallée de Hapaa, réputée moins dangereuse.

Melville et son compagnon se perdirent dans l’île et finirent…bien sûr…chez les « Taïpi »

Cette histoire s’est déroulée il y a 150 ans…c’était hier ; or mes amis marquisiens, de Taïpivai (avec lesquels je vais manger le cochon ce weekend…autrefois on aurait consommé du « long cochon »…),  sont des descendants  des terribles guerriers Taïpi. Des gens fiers d’être les héritiers d’une réputation de courage, de force et de domination.

VRAC3

Mes amis "Taïpi" en 2010

SY3

 Hier soir, j’en profitais pour interroger Tuhatete : connaissant la tradition locale qui désigne les prénoms comme des biens de famille, je lui demandais s’il connaissait quelqu’un portant le prénom « Meevi ».

« Je ne connais personne de ce prénom ! » J’étais un peu déçu de ne pas trouver de réponse et comme  Tuhatete n’ajoutait rien, on en resta là. Ce n’est que plus tard, dans la soirée, que Tuhatete me précisa :  « il y a Mehevi  à Taïpivai, mais pas de Meevi ! ».

Cette distinction est très révélatrice de l’autisme social que l’on rencontre dans la communication locale. Oubliant de marquer le « h »  inclus dans le mot, mon message n’était pas compréhensible et aucune recherche d’indices n’était mise en place. Aux Marquises, la prononciation est essentielle, la musique du mot aussi ;  le mouvement des sourcils et la géométrie du visage sont autant d’indices sans lesquels on passe pour muet !

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